Du DevOps chez les Commandos par Cédric Gillet

Le DevFest 2016 Nantes a eu lieu les 9 et 10 Novembre derniers, cela fait déjà 5 ans qu’existe cet événement complet de conférences sur Android, AppEngine, Angular, Chrome, HTML5, Docker… Une occasion unique de partager et d’échanger autour des technologies du Web, du Cloud, du Mobile et des Objets Connectés.

Cédric Gillet DevOps et responsable d’équipe MOE chez Santéclair a tenu une conférence ayant pour titre « Du DevOps chez les Commandos ».

Cédric Gillet est un ancien militaire qui a été sélectionné pour intégrer les Groupements Commando Parachutistes. La formation qu’il a suivi dans cette unité spéciale ainsi que son parcours actuel dans le civil lui a semblé très proche et il a trouvé des similitudes entre le management d’une équipe commando et ce que préconise DevOps.

Au travers de son intervention, Il nous fait part de ce parallèle en commencent par un chant commando qui résume assez bien l’état d’esprit qui animera cette conférence :

« La route vers l’inconnu est toujours bienvenu, le but est devant nous, braquons les armes, la défaillance exclue, plus rien ne compte plus, pour nous c’est le devoir pour vous les larmes ! »…

Les points clés

Il est habillé avec ses vêtements de commando, ses premiers mots sont : «Si vous êtes ici c’est que vous voulez intégrer l’unité DevOps !», l’ambiance est en place. Dans un premier temps, il parle de sa vie de famille, de son pédigrée dans l’armée et de son poste actuel.

Mythes et réalité

Puis, il nous explique ce qui distingue le mythe de la réalité d’un commando (au travers de films comme « Commando »,  « Rambo », etc…).

Un commando travail toujours en équipe, il n’est pas seul :

  • Il est souple.
  • Il est félin.
  • Il est manœuvrier.
  • Il porte l’équipement nécessaire à sa mission.
  • Il a une grande capacité d’adaptation et de réactivité.
  • Il est discret dans l’action.
  • Il a le culte de la mission, ce qui structure l’unité.

Maintenant on parle de DevOps !

Il fait une allégorie de l’iceberg, de l’organisation en couche,  ce qui est visible actuellement pour DevOps se sont les outils, ils sont matures, mais ce n’est pas là que DevOps échoue.

DevOps c’est des process et :

  • Une intégration…
  • Une mise en production…
  • Un développement…
  • Un monitoring…

….CONTINUE ! Mais cela ne suffit, il va falloir intégrer la CULTURE DevOps.

Il va donc falloir intégrer une équipe DevOps ! Cédric Gillet, nous explique qu’on n’en parle pas beaucoup, sauf quand on évoque ce qui a échoué lors d’une mise en place de la démarche DevOps.

Ce qui ressort souvent de cet échec, se situe lors de la demande :

  • à l’opérationnel de s’ouvrir aux autres, ça a coincé !
  • au développeur de faire gaffe aux problématiques opérationnelles. Ah non, Hé ! T’es gentil avec tes outils, mais c’est bon les outils font le boulot.

NON, il faut de l’humain, il faut intégrer de la culture DevOps !

Comment mettre en place une culture chez les commandos et comment constituer une unité :

  • Par la sélection, on prend les meilleurs. «La sélection chez les commandos, elle est difficile, vous allez en baver.», il insiste sur cette phrase en la répétant 3 fois. Idem pour DevOps, on ne peut pas faire du DevOps avec n’importe qui, car la méthodologie est exigeante.
  • Par la formation, cela oscille aux alentours de 300 000 € suivant la spécialité. La formation d’une équipe DevOps va coûter de l’argent, donc on sélectionne. Le choix se fait sur des gens curieux avec déjà un bagage, mais ce n’est pas suffisant. Chez les commandos, cette formation est progressive.
  • Par la logique de tests pour que l’équipe soit au plus proche du réel (il a parlé de Chaos Monkey, un outil open source Netflix). Chez les commandos c’est à balles réelles, ils sont confiants ! Comprendre avant la mise en production.
  • Par une composition de personnes spécialisées, elles doivent être rapidement opérationnelles. Tout le monde ne pas a être formé, par contre il faut former en continue, mais on leur donne des clés, pour faire des remplacements avec un minimum de connaissances au besoin.
  • Par l’acculturation des uns aux problématiques des autres. Pour casser les silos ! Sinon pas d’équipe !
  • Par la constitution d’équipes de petites tailles. Un manageur peut gérer plusieurs équipes de petites tailles, des «Tasks Forces». Car il est plus facile de créer une cohésion d’équipe.
  • Par la mise en place d’un leader, la hiérarchie doit être modulable, il doit être choisi en fonction de ses spécialités par rapport à la mission. La fonction prime sur le grade !
  • Par la somme des égos ! On trouve des solutions plus facilement à 10 (faire un effort sur son propre égo en s’intéressant à l’autre).
  • Par la confiance mutuelle, chacun sait ce qu’il doit faire et il a confiance en l’autre et de ce qu’il est censé faire. Créer des moments de cohésion entre les membres de l’équipe DevOps pendant des horaires de travail, afin de s’assurer que tout le monde peut se joindre aux événements (restaurant entre 12-14h, sportif, etc…).

Go Mission, il faut déployer !

Un commando est déployable rapidement. Il faut donc chez les DevOps déployer rapidement, parce que :

  • Les gens se font confiance.
  • On sait qu’on va y arriver ensemble.
  • On y va pour une durée indéterminée (dur à vendre aux managers, dû aux itérations rapides de monitoring, debugs, tests, déploiements, etc…).

Il faut avoir un souci de compte-rendu, c’est très important dans DevOps à tous les niveaux de la chaîne. Cette valeur ajoutée permet de transférer le savoir.

Le culte de la Mission

Un commando a le culte de la mission, chez les DevOps cela doit être pareil. L’objectif doit être clairement défini, la mission va structurer les moyens.

Le retour d’expérience

C’est un effort qui est obligatoire autour d’un débriefing (ce qui s’est bien passé, ce qui s’est mal passé, ce qui peut être amélioré). Cela va structurer la formation continue, elle va s’inspirer du retour d’expérience. Tout le monde à son opinion à dire pour apporter de l’information aux autres.

En résumé

DevOps c’est : des outils, des process et surtout beaucoup de culture par la formation -> c’est avant tout de l’HUMAIN ! Si une seule personne n’est pas motivé dans l’équipe, cela met à mal toute l’équipe.

Chez les commandos, une personne qui n’a pas le profil, elle est dégagée, car la vie des autres est en jeu. Dans le civil, il faut trouver les leviers de motivation et de satisfaction, par un accompagnement, une acculturation, de la formation et des preuves de l’efficacité DevOps.

Une très bonne conférence, intéressante à suivre et qui démontre bien qu’il y a 3 piliers pour que la démarche DevOps fonctionne : Culture de collaboration (Confiance) >> Automatisation avec les outils >> Déploiement rapide et continu !

Et vous, vous en pensez quoi ?

Michaël LIXON
Michaël LIXON
Ingénieur Études et Développement >> Option DevOps

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